London/Easter/2011

29 avril 2011

Premier jour

La compagnie low cost installée à l'aérorport de Mérignac depuis moins d'un an nous a permis de rallier la capitale anglaise à un prix très compétitif. Je voyage avec une phobique des décollages et des atterrissages qui se shoote au ly*san*xia avant chaque départ. De son aveu même, le pilote a été parfait. Aucun retard, la valise est arrivée entière, on n'a pas bipé sous le portique, tout va bien ! A peine sorties de l'aéroport, nous prenons la green line, un bus affrété par la même compagnie (tickets moins chers si réservés en ligne avant le départ) qui nous emmène de Luton au centre de Londres. La banlieue est verdoyante, le trafic fluide. Nous descendons au terminus à Victoria station puisque nous logerons dans South Kensington. Quartier chic et calme, aux façades d'un blanc éclatant sous le soleil de midi (heure locale). Nous sommes parties sans cash, préférant pour un court séjour comme celui-là retirer une somme définitive à un guichet (au retour je constaterai que ma banque ne m'a facturé quasi aucun frais de change). Nous rejoignons pour cela Brompton Road après avoir un peu erré dans les rues. Notre plan de Londres vendu avec le lonely planet n'est pas très détaillé ni celui de mon carnet. Il ne faut pas se tromper entre les street, road, way, terrace portant le même nom. Affamées et enfin pourvues de livres sonnantes et trébuchantes nous nous engouffrons dans le premier pub qui nous semble typically english. Il est bientôt deux heures et nous dévorons un burger chips + beer, je suis au bord de l'inanition !

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london2_021Sur Brompton Road, j'ai repéré un charity shop "octavia". Je palpe des étoffes superbes, croise une ravissante petite veste burberry, admire des pièces de créateurs. Mais je n'achète rien, pas de coup de coeur dans ma taille et pas vraiment envie d'essayer là-tout-de-suite alors que nous avons encore la valise dans les pattes. Et puis je ne suis pas une effrénée du shopping de toute façon, toucher et regarder me suffit amplement.

L'architecture m'enchante déjà. Bâtiments en brique alternant avec immeubles d'un blanc immaculé (ma prof d'anglais me dira plus tard que la ville a mis en place il y a quelques années un programme de "blanchiment" des façades pour redonner du peps à une "vitrine" plutôt grise), rues larges, black cabs et leurs cabbie shelter, petites cantines vertes très exigues qui permettent aux chauffeurs de déjeuner entre collègues d'un plat du jour cuisiné sur place.

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london2_013Il n'y a personne pour nous accueillir à cette heure-ci à la maison de l'institut, une enveloppe nous attend sur la desserte du couloir avec la clé de la chambre. Nous croisons pourtant un jeune chercheur qui nous salue et disparait dans la rue non sans souligner "l'écrasante chaleur" qui accable les habitants.... Nous sommes à Londres, ville pas franchement réputée pour sa chaleur, pourtant il règne une température digne d'un printemps bien avancé dans le sud ouest de la france, le fond de l'air frais en plus quand même !

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Nous grimpons les 4 étages (!) qui nous séparent de notre chambre le long d'un escalier recouvert d'une moquette aussi épaisse qu'un gazon anglais.

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La vue depuis la chambre est sympatoche, tout est parfaitement clean et adorablement désué. Tapisserie fleurie fanée, tête de lit en tissu, rideaux épais, et la fameuse fenêtre à guillotine dont mademoiselle Ka raffole !

Un bref debriefing, je brosse mes dents (indispensable après le burger/oignon) et nous redescendons dans le hall sans oublier de remplir la fiche pour le breakfast du lendemain matin. Combien d'oeufs ? au plat ou brouillés? avec ou sans bacon, tomate, champignon ? thé ? café ? céréales ? jus de fruit ? toast ? Cette formalité acquittée, nous nous dirigeons vers la gare routière de south kensington pour acheter notre oyster card. Elle coûte 5£ (remboursés si nous la rendons à la fin du séjour) et nous la chargeons au guichet de la somme souhaitée. Cette carte est indispensable pour voyager bon marché (environ 1,8£ au lieu de 4£ sans ce sésame). Et cherry on the cake, elle est illustrée par le couple princier ! Nous prenons un bus à impériale jusqu'à Trafalgar Square, premier bain de foule du week end.

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london2_046Pour occuper ce premier après-midi, nous décidons de faire les touristes. En ce jour de la Saint Georges, il y a des attractions un peu partout, notamment à Covent Garden, noir de monde et pas particulièrement intéressant si ce n'est d'un point de vue architectural bien sur. Nous sommes auparavant entrées dans l'église de saint martin in the fields (le café dans la crypte est tentant mais nous commençons juste à découvrir la ville, ça n'est pas le moment de s'arrêter), longé la national gallery (que nous ne pourrons pas visiter hélas, c'est pour cette raison entre autres que je reviendrai à londres), faisons quelques courses dans un tesco (de l'eau notamment, des short bread, des bonbons réglisse) où je repère la célèbre philadelphia cream que je tiens absolument à ramener à Bordeaux.

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Nous rejoignons les bords de la Tamise pour admirer Big ben (que nous entendrons sonner le quart d'heure avant 6 o'clock) et Westminster sour un ciel de plus en plus menaçant. L'orage menace, des éclairs déchirent le ciel de plomb.

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Une bourrasque soulève la poussière des jardins du Parlement, une nuée de graminées envahit le ciel et la pluie nous surprend devant la statue des Bourgeois de Calais de Rodin. Nous nous réfugions sous le porche d'un immeuble et attendons une accalmie pour rejoindre Buckingham Palace où les tribunes des journalistes défigurent l'agencement de la place royale.

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Nous longeons la piste cyclable qui borde Hyde Park alors que la pluie a déjà cessé. Les fleurs et les herbes hautes croulent sous le poids des gouttes, la terre a cette odeur d'après l'orage si familière. Il doit être 18 h 30, nous reprenons un bus jusqu'à l'institut, mes ballerines ont pris l'eau, et mon trench est resté dans la valise !

Tout près de notre home sweet home du week end, nous avons repéré tout à l'heure un chouette pub sur queen's gate. C'est là que nous allons boire notre premier pimm's. L'intérieur est superbe, un mélange de meubles usés, de murs aux tapisseries classiques revisitées, de grosses bougies blanches sur la cheminée et les bords de fenêtres, un magnifique comptoir, des miroirs, de la peinture ardoise savamment badigeonnée à des endroits stratégiques, annonçant avec humour les boissons et les plats proposés.

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C'est la saison des fraises, elles garnissent notre cocktail et c'est un délice qui me fait un effet boeuf après la longue marche dans la ville. Nous irons diner au coco momo sur gloucester road. Bon, joli, pas cher,nickel ! Puis dodo, demain la journée sera longue !

 

 

 

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Deuxième jour

De l'avantage de dormir dans un quartier chic et résidentiel après un après-midi de promenade intensif : pas de bruit, la nuit tout est calme dans South Kensington. Je regarde le ciel, il est bleu, yes !
Comme nous sommes dimanche, le petit déjeuner n'est servi qu'à 9h. Nous descendons à l'heure dite au sous-sol où se situe la salle à manger. Les oeufs brouillés, les toasts beurre/miel, le thé tout est tip top. L'institut ne fait pas le plein en ce week end pascal, nous petit-déjeunons en chuchotant. Nous remontons les 5 étages (!) et oui 4 plus les marches qui nous ont conduit au sous-sol, pour un brossage des dents en règle (ben oui indispensable hygiène bucco-dentaire). Je me chausse (j'étais descendu en chaussettes histoire d'épargner mes pieds quelques minutes supplémentaires), sac à main allégé et hop ! direction shoreditch et spitafields. J'ai bien noté grâce au toc-toc-toc ! n°3 (qui me suivra partout pendant mon séjour) que Columbia road et Brick lane sont très animées le dimanche.

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Nous choisissons le tube pour nous y rendre. Il faut prendre la circle line. Que nous la prenions dans un sens ou dans l'autre, c'est à peu près équivalent. Pas de chance, nous partons dans le sens qui non seulement nécessite un changement mais en plus nous voit évacuées à St Pancras.... Une portion de la ligne est bouclée, c'est apparemment prévu puisque nous trouvons des panneaux placardés mais en amont personne n'avait l'air informé... Bref, nous remontons à l'air libre et galérons un tant soit peu afin de trouver le bon sens et le bon bus pour rejoindre columbia road.

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london2_100Larguées dans Old street, nous la remontons d'abord dans le mauvais sens. Pas grave, nous prenons quelques jolies façades et autre street art en photo.
Il suffisait tout bêtement de suivre la foule ou d'aller à l'opposé des gens chargés de plantes en tout genre achetées au flower market de Columbia Road. Here we are !

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Nous rentrons dans Vintage Heaven où ce qui nous fait envie est un peu cher, trouvons dans une boutique plus loin de ravissants torchons aux motifs rétro et je fais l'acquisition d'un porte-carte rouge "keep calm and carry on". L'origine de ce raz de marée très anglais vient d'une affiche de 1939 destinée à la population britannique dans l'éventualité d'une invasion allemande. C'est un libraire qui l'a redécouverte en 2000.

Columbia road est noire de monde, on se presse sur les trottoirs, coincés entre les chariots remplis de fleurs et les clients des boutiques. En serpentant dans les ruelles alentours nous sommes attirées par des musiciens et apercevont une montagne de gobelets qui nous incitent à chercher le vendeur de boissons chaudes dont ils sont issus. Il s'agit en fait de l'arrière cour d'un pub qui profite de ce temps splendide pour servir des boissons et des gateaux à emporter ou à déguster sur place, au soleil, sur de jolies tables dépareillées. Café latte pour toutes les deux et nous nous partageons une portion de carrot cake...

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Les anglais sont spécialistes du gobelet à emporter, de l'assiette en papier et des couverts jetables.... Mon âme d'écolo soupire... Je n'ai pas noté le nom de l'endroit, shame on me ! J'écris ici quelques lignes sur les cartes postales achetées la veille, le carrot cake est englouti et nous repartons à l'assaut des petites boutiques et de leur bric à brac charmant.

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Brick Lane se profile. Une foule grouillante, de la fripe belle et moins belle, un déballage impressionnant sur les trottoirs. Nous chassons le street art et nous tombons sur notre cantine, Borter house.

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london2_153Une usine désaffectée où se tiennent une multitude de stands qui proposent et cuisinent (sous notre nez affolé par des odeurs plus exotiques les unes que  les autres) tout l'exotic food possible et imaginable à des prix dérisoires. Une portion à 5£ suffira à nous rassasier toutes les deux. Frais, gouteux, bon marché, que demander de plus ?

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Une clientèle jeune et moins jeune, plutôt branchouille. Il est possible de s'installer à l'intérieur (bruyant) ou dehors sur des tables en bois. Une caravane propose des boissons et diffuse de la bonne musique.

Nous sommes en train de suivre, plus ou moins, l'itinéraire de balades à travers la ville dénichées sur le blog london calling. Aujourd'hui nous suivons celle intitulée "les marchés du East End", demain nous suivrons "Tate modern - Angel". Anedoctes sur les quartiers, itinéraires facile à suivre, bonnes adresses, c'est très bien fait.

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Nous arrivons doucement sur Old Spitafield market et faisons quelques achats so british, tee shirt, mug, magnets que je glisse dans le sac en toile orné d'un bel union jack flag que je viens également d'acheter. La vendeuse ouvre de grands yeux quand je lui explique que le sac est pour moi, que je vais de ce pas y ranger mes achats et que je n'ai pas besoin de sa poche en plastique. Vieux réflexe écolo, j'ai peut-être sauvé une tortue qui aurait malencontreusement pris ladite poche plastique (redevenue plus tard simple déchet lâché jusque dans les océans) pour une méduse ! Mais je m'égare...

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Nous reprenons le chemin des touristes en nous dirigeant vers le Tower Bridge en traversant Petitcoat Lane Market sur Middlesex Street. Babioles, fringues très bon marché pas très fashion dans un dédale de vieux immeubles et de buildings.Un quartier quelque peu mutant.

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C'est au pied du pont que nous retrouvons la foule des grands jours ! Mais nous choisissons d'abord de lui passer dessous pour nous aventurer vers Sainte Katherine's Docks. Même si l'endroit frise la rénovation bling bling et affiche des yachts aussi gros qu'à St trop', les docks sont bels et bien là avec leurs murs noirs et leurs ruelles pavées.

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 Nous rallions les marches qui grimpent sur le pont au milieu d'une foule impressionnante. Alors que nous admirons l'architecture du batiment et la vue qu'il offre sur les berges de la Thames, une sirène stridente retentit en boucle. Le pont va s'ouvrir pour laisser passer un voilier. Nous nous faufilons pour être de l'autre côté du pont, vers la rive que nous voulons aborder à pied et heureusement car la manoeuvre met un certain temps...

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Le Tower Bridge est vraiment impressionnant et j'imagine sans mal l'effet qu'il pouvait faire aux voiliers remontant autrefois la Tamise.

De ce côté de la Thames, nous déambulons sur The Queen's walk, longeant le City Hall, au milieu des touristes et des londoniens. Notre intention est de rejoindre le Borough market, son architecture de ferronnerie, les hangars qui l'entourent, toute la vie que l'on imagine grouiller autour du marché en activité. En voyant le wine wharf, je ne peux  m'empêcher de penser aux hangars à vins de porto qui longent le fleuve de la ville du même nom.

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Nous remontons le dédale des vieilles ruelles, accompagnées par le son de cloches endiablées, jusqu'à l'Anchor, un pub réputé parait-il pour ses pimm's. N'est-il pas l'heure d'y goûter ? Affolées par la horde de touristes qui s'y pressent sur la terrasse au bord du fleuve, nous sommes à deux doigts de renoncer. Mais j'aperçois un escalier qui mène à la roof garden. Elle est ouverte et nous nous y réfugions. Je commande les pimm's au comptoir et nous les sirotons relativement à l'abri du vent qui souffle fort, le dos chauffé par les feux des grills prêts à prendre du service pour le dîner.

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La balade se poursuit ensuite devant le Shakespeare's Glob, toujours bondé et la Tate que nous visiterons le lendemain. Le quartier qui entoure la centrale électrique réhabilitée est relativement récent, hérissé de buildings qui se hissent plus haut que les grandes cheminées de cette ville au passé industriel. Nous croisons un cottage perdu au milieu du béton, comme un arrêt sur image au milieu de l'avenir qui se dessine.

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Sous un pont routier, au bord d'une grande artère où bus et cabs se croisent en un ballet incessant, nous montons dans un bus qui nous conduit vers Soho où nous avons décidé de traîner un peu et dîner. Nous découvrons la toute petite enclave de Chinatown dans le soleil couchant qui accentue le rouge des briques et enflamme les drapeaux multicolores qui barrent le ciel.

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La chance est avec nous, nous dégotons un chouette petit resto au 49 lexington street. Un cadre raffiné, une carte de vins français et sud-américains et un patron qui parle un peu notre langue. Il a fait des saisons en France avant de s'installer ici. Nous optons pour un verre de vin chilien, à l'exacte bonne température et dégustons une assiette végétarienne composée d'aubergines roulées à la ricotta, sauce tomate, semoules/pois chiches et roquette/parmesan. Les prix sont très corrects mais attention à penser à rajouter mentalement à l'addition le service qui n'est pas compris sur les tarifs indiqués dans la carte... Nous sommes installées dans la cour intérieure remplie de plantes, aux murs badigonnés en noir mat. Nos voisins de tables sont anglais, apparemment cette adresse circule parmi les londoniens.
Le ventre plein, nous rejoignons Picadilly circus à deux pas pour prendre le tube jusqu'à l'Institut.
Fin des programmes, nous nous écroulons dès que notre tête touche l'oreiller...

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02 mai 2011

troisième jour

Lundi de Pâques. Dès 8h nous voilà dans l'escalier en direction de la salle à manger. Aucune bonne odeur de bacon frit ni de toasts grillés..... La porte est fermée, le service ne commence qu'à 9 heures... Evidemment, comme en France, ce lundi est férié.... Nous remontons les 5 étages et nous écroulons une heure de plus. Du coup, nous n'irons pas faire un tour dans le box office que nous croisons dans le quartier et nous ne ferons pas de détour par l'Albert Hall pour nous rendre à pied jusqu'au Victoria & Albert Museum où nous avons rendez-vous avec Yohji Yamamoto et ses collections. Sur le chemin, nez au vent dans cette belle matinée de printemps, nous retrouvons beaucoup de monde. Le museum d'histoire naturelle fait le plein ! Tout à côté, nous entrons dans le merveilleux hall du V&A Museum embelli par la sculpture monumentale de Dale Chihuly.

J'ai acheté les billets d'entrée pour l'expo depuis le net mais ce coupe-file n'était pas nécessaire, nous arrivons à l'ouverture du musée qui n'est pas encore assailli comme son voisin.
L'installation est passionnante. Elle permet de tourner autour des mannequins, d'admirer les étoffes, de plonger dans les plissés. Un souffle fait bouger la soie et le crèpe. Nous nous amusons à détailler chaque modèle, à traduire les différentes parties qui composent une robe, un manteau, et je me félicite tout haut d'avoir pris un peu de temps cet hiver pour traduire des patrons de tricot et me familiariser avec le vocabulaire couture. Une femme asiatique un peu âgée revient plusieurs fois sur un modèle, elle le décortique littéralement du regard, note mentalement les courbes, les drapés, elle semble totalement absorbée par ce qu'elle a sous les yeux.
Tout autour des vêtements exposés, on peut visionner les défilés et revoir certains modèles évoluer sur les podiums.
Certaines pièces sont dispersées dans le musée, à différents niveaux de ce dédale sans fin de galeries et de couloirs. Dans la salle des tapisseries sans âge, des manteaux trouvent leur place naturellement. Plus loin une robe aux plissés semblables à une sculpture antique (et l'on pense bien sur aux créations de Madame Grès dont Yamamoto s'est inspiré) tourne le dos au mobilier classé et aux dorures.
Ce qui frappe chez ce créateur c'est bien sur la pureté des lignes et l'intemporalité des coupes. Et ces caractéristiques sont là, très bien mises en valeur, dans cet écrin du passé.

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london1_060j'avais immortalisé les toilettes du Guggenheim à Bilbao, je réitère avec celles du VAM...

Dans le shop du musée, je suis envoûtée par les innombrables livres d'art proposés. Tricot, tissu, j'ai envie de tout acheter. Mais je me contente du catalogue de l'exposition qui fera très plaisir à mon amie Flo  avec qui nous devons fêter son demi-siècle le lendemain soir à Bordeaux. Nous quittons le musée à pas feutrés, il est midi. Un bus nous dépose non loin de l'embarcadère de la Tate Britain car c'est sur la Tamise que nous avons choisi de rallier la Tate Modern à quelques miles sur l'autre rive du fleuve. 5£ la traversée, c'est une de plus que ce qui est indiqué sur le lonely planet (classique).

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Avant de nous engouffrer dans la Tate, nous partons à la recherche d'un petit resto. Il sera cette fois d'inspiration indienne. Nous déjeunons d'une sorte de pâte garnie type pizza arrosée d'une bière visiblement coupée avec de la limonade. The indian touch perhaps ?? Mais tout est très bon et servi rapidement.

La Tate est immense. Majestueuse. Située à Bankside, elle est le phare du nouveau Londres. Les expositions permanentes sont gratuites comme dans les autres musées londoniens. Deux niveaux où sont exposées les oeuvres d'artistes contemporains majeurs. Un choix énorme dans un bâtiment non moins imposant. En ce moment la salle des turbines est vide mais sa taille hors norme permet d'y exposer des oeuvres gigantesques. Nous passons un long moment à déambuler dans ce lieu épuré, qui laisse la part du lion à l'art. sur les mezzanines qui desservent les salles, une fresque reprend l'ordre chronologique des mouvements artistiques et leurs principaux protagonistes. Un bon moyen de s'y retrouver au moindre doute.

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Après un tour par la boutique, grouillante de monde et terriblement tentante, nous décidons de faire une pause sur la pelouse, au soleil. Large café latte au milieu de la foule des grands jours qui n'en revient pas de profiter d'un temps pareil dans la capitale anglaise.

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Direction La Cathédrale Saint-Paul en empruntant le millenium bridge (Ceux qui ont vu Harry Potter au cinéma le connaissent), totalement piéton, équivalent du pont des arts à Paris. Son architecture arachnéenne enjambe avec grâce la Tamise et le mariage de l'acier et de la pierre est une vraie réussite.

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Nous revoilà sur l'autre rive à suivre l'autre balade proposée par le blog Londres Calling : Tate Modern/Angel. Saint-Paul a retrouvé sa splendeur d'antan du jour où l'activité de la centrale électrique (l'actuel tate modern donc,) alimentée au charbon fut stoppée. Les vents faisant dériver les fumées vers son dôme, il était recouvert d'une couche de suie. Quand Charles a épousé Diana, la cathédrale n'avait pas le charme qu'elle a retrouvé aujourd'hui.

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Elle était ouverte au public et nous avons donc pénétré l'enceinte sacrée contrairement à l'abbaye de Westminster fermée pour cause de mariage princier imminent...

Nous traversons les vieux quartiers à la recherche de la pépite. En voilà une dans Postman Park. Ce petit jardin abrite un monument commémorant les héros anonymes. Des hommes, des femmes, des enfants, simples citoyens morts accidentellement alors qu'ils tentaient de sauver la vie d'un proche ou d'un parfait inconnu.

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Sur le trottoir, à la sortie du parc nous tombons également sur un des rares téléphones reliés à la police qui permettait autrefois d'appeler en cas de danger. Je crois qu'il n'en reste plus que deux dans la capitale.

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Toujours nez au vent et chargées des emplettes que nous avons faites dans un supemarket (cheddar, philadelphia cream, mustard, pimm's) et qui viennent compléter les provisions de bouche que nous voulons ramener à Bordeaux, nous sommes à la recherche de Saint Barth's Church. Cette vieille église datant de 1123 a servi de décor notamment à "4 mariages et un enterrement". Le café qui la jouxte est malheureusement fermé. Qu'importe, nous profitons du calme du lieu dans le soleil déclinant.

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Nous approchons du marché à viande, toujours en activité, Smithfield market. L'architecture de verre et d'acier est superbe, très colorée. Dans l'air flotte cette odeur fade si caractéristique des boucheries.

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Quelques rues plus loin nous apercevons un space invader, bien contentes d'immortaliser le seul que nous ayons repéré du week end !

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Dans les derniers rayons du soleil, nous dégustons à même le trottoir une pinte à "the tavern", sympathique pub situé sur Clerkenwell green, lieu bien connu de Dickens qui le décrit dans Oliver Twist.Un écureuil gris/beige, surgit de nulle part, s'attarde sur la route. Il n'a pas l'air effrayé ni par les gens, ni par les rares voitures qui passent ici. Nous le suivons des yeux un long moment jusqu'à ce qu'il se fonde dans les arbres du square, petite ombre parmi les ombres.

london1_082les toilettes du pub... jolies non ?

Le vent est tenace et le soleil ne nous réchauffe plus. Nous remontons les rues jusqu'à Angel où nous prenons un bus jusqu'à Camdem. Là, nous sommes obligées de rentrer dans un pub, The Elephant's Head. La bière de la taverne se rappelle à ma vessie. Ambiance rock(abilly), néo punks attablés, chaleur et bière alors que dehors le vent souffle et les rues se vident. Nous ne localisons pas parkway, une cliente cherche à nous aider, trouve (à raison) notre plan incomplet. Le barman nous sortira d'affaire. Nous sirotons un petit verre de bière à deux (encore ! mais bien obligées pour pouvoir accéder aux toilettes), j'écris quelques lignes, m'imprègne de ce lieu chaleureux car c'est finalement le seul endroit typique du quartier fort animé qu'est camdem que nous aurons croisé.

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Parkway est une grande artère en sens unique où se cotoient restaurants, alimentations, commerces en tout genre. Nous rentrons dans une épicerie bio et achetons de la marmelade et du pain noir. J'aperçois le restaurant que j'avais repéré, le Namaaste kitchen. Il est parait-il, réputé pour sa cuisine indienne. L'endroit est chic, nous sommes décoiffées par le vent et plus vêtues pour une balade au grand air que pour manger au resto. Tant pis. Les plats sont excellents, très bien présentés et pas hors de prix. Mais attention ! tout est assez épicé et mademoiselle Ka n'a pas franchement apprécié son assiette.  Je me suis régalée et émet un seul bémol, les hottes aspirantes ne sont pas assez puissantes pour évacuer convenablement les fumées de cuisson des viandes grillées par le chef cuisinier dont on peut admirer le travail en fond de restaurant...
Pleine de spicy power, nous retournons affronter le vent à la recherche de la ligne 214 qui doit nous rapprocher de Victoria. London by night, bien calées dans l'impériale, nous regardons une dernière fois défiler les quartiers, les drapeaux, et apercevont les illuminations de chez Harrod's que nous avons snobé. Le 52 nous dépose à l'Albert Hall au moment où la foule quitte la salle de concert où jouait ce soir City and Colour.
Les derniers mètres sont un peu difficiles, il fait carrément froid ! A l'institut, nous prenons un déca et une douche chaude.
La nuit est courte, le réveil sonne à 5h30. J'avale un thé au lait, et 2 shortbread plus tard nous descendons le plus discrètement possible la valise sur les 4 étages qui nous séparent du hall. Dans la rue, déserte, nous hélons le seul cab que nous prendrons pendant ce court séjour. Notre oyster card est vide mais nous n'aurons pas le temps d'aller la rendre pour récupérer la caution. Pas grave, avec le couple princier photographié dessus, elle sont collector ! Nous revoilà à Victoria, à l'endroit où le bus de la green line nous a déposé samedi midi. Direction Luton dans un bus bondé. Le ciel est gris ce matin et le vent souffle toujours. Nous quittons la ville en même temps que l'anticyclone !

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Nous avons croisé un nombre impressionnant de Star*bucks tout au long de nos pérégrinations londoniennes sans jamais nous y arrêter. Ce sera chose faite à l'aéroport, une fois les formalités accomplies. Mais j'ai fait la promesse d'éviter ce genre d'endroit à New York où je serai dans trois semaines. Trop d'emballage jetable, trop de déchets, je n'assume pas !

Nous avons eu une chance incroyable de séjourner dans Londres par ce temps. L'architecture londonienne est exceptionnelle, les bâtiments historiques sont majestueux et les édifices plus récents leurs répondent avec élégance. Le soleil ne pouvait qu'embellir les façades et réchauffer la ville. Les bus à impériales offrent une visite haut perché, le trafic fluide et le réseau suffisamment dense permettent de se déplacer facilement d'un point à un autre le jour comme la nuit.
Columbia Road et Brick Lane ont tenu leurs promesses et les balades historiques qui nous ont conduit hors des sentiers battus à la découverte du vieux london nous ont permis de découvrir une ville chargée d'histoire et attachée à la transmettre. Le flegme britannique n'est pas une légende, l'ambiance des pubs est chaleureuse, les musées sont d'une grande richesse et j'ai hâte de revenir flâner dans les salles de la National Gallery que je n'ai pas pu visiter cette fois-ci.
Tant de choses restent à faire dans ce swinging london qui frémit de tradition et d'impertinence mêlées !

 

 

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